october - november 2009
Miracle des Mains
Publication : 13
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Hasip Erençetin, maître du métier de cordonnier écrit le livre du métier.


MAITRE CORDONNIER




Hasip Erençetin est un maître cordonnier qui a consacré ses 62 ans à ce métier. il a commencé par produire des sabots de cuir et des chaussures de cuir cru portées par les paysans turcs et avec le temps il a eu des clients du Japon, mais aussi de l'Allemagne. Le grand maître cordonnier partage ses expériences et ses acquis professionnels avec les jeunes en formation depuis 8 ans en dispensant les cours de stage organisés par la Chambre des cordonniers à Istanbul et il prépare, en même temps, 4 livres à la fois: 3 livres contenant les renseignements techniques et un livre de mémoires.

Hasip Erençetin est un maître cordonnier qui est amoureux de son métier qu'il exerce sans discontinuer depuis l'age de 12 ans après avoir commencé dans l'atelier de son père quand il avait encore 7 ans. Agé de 75 ans, le grand maître dit "être né cordonnier" en parlant de ce lien amoureux établi entre l'homme et le métier. Car le métier de cordonnier est à la fois le métier de son père et celui de sa mère. Il aurait été apprenti auprès des apprentis avancés dans le métier, ces derniers étant venus d'Istanbul à Bolu, au temps du sultanat. Ayant débuté dans le métier à l'age très jeune, il a fabriqué, dans le tems, des sabots de cuir et des sabots de cuir cru dont la production est pratiquement abandonnée de nos jours. Ensuite, à l'age de 16 ans, il a pris la route d'Istanbul à la suite de l'encouragement qu'il a reçu de la part de l'un des apprentis avancés qui étaient venus d'Istanbul. Son premier arrêt à Istanbul est Küçükpazar qui est un des vieux quartiers de la ville. Ensuite il s'est déménagé pour occuper une place à Çatal Han au quartier de Beyazýt: "Là, c'est l'université des cordonniers. A l'époque le marché ne prenait pas en considération un cordonnier qui n'en était pas issu" dit-il. Il y a passé 8 ans auprès des bons maîtres cordonniers avant de prendre la décision d'être maître et les jours de "Güney Han ont commencé dans les années 1960. Naturellement, il n'a pas été très facile de s'installer à son propre compte: "La maîtrise était relativement facile à l'époque. Les vendeurs aimaient les gens honnêtes. Il y avait une confiance réciproque.

"Je n'avais pas de capital. Il y avait un certain Ismail Bey au magasin Sümer à Beyoðlu. Il m'a aidé à acheter les premiers matériaux". Le maître Hasýp vient en 1964 à Beyoðlu et s'installe à Kurabiye Sokak, Marmara Han. Le nombre du personnel qu'il emploi marque une hausse en atteignant 80 personnes à un moment donné.

En 1974 le Maître Hasip a commencé ses tours en Italie. Il a voulu aller voir les choses sur place, il s'est informé et s'est lie d'amitié avec ses collègues Italiens.

Les bottes du bataillon de Cérémonie du Kazakhstan, par le Maître

La demande en hausse et la nécessite du long temps pour l'artisanat mettent en évidence l'insuffisance de la production dans les années 80. Mais, le Maître Hasip a vendu les chaussures de sa propre production à destination des pays comme Japon, Hollande, Allemagne, Kazakhstan, depuis cette période-là. Il relate, de la manière suivante, les 4 ans pendant lesquels il a fabriqué des chaussures pour une firme située au Japon. "Ils auraient entendu mon nom. Ils ont fait des commandes. Un peu plus tard, un groupe nombreux est venu contrôler afin de voir comment je travaillais. Ce fut la première et la dernière visite à la fois. Et ils ne sont pas revenus. Au bout de 4 ans, nous avons cessé de travailler ensemble, car je n'étais plus en mesure de répondre aux commandes en provenance du Japon. Ils m'ont demandé de fonder une usine, mais, je n'ai pas voulu le faire".

Le Maître Hasip a un souvenir amère au sujet des bottes qu'il a fabriquées pour vendre au Kazakhstan: "Ils sont venus me trouver pour faire de longues bottes pour le bataillon de cérémonie du Kazakhstan. L’année est 1994. il y aurait un maître arménien en Russie. Tout d'abord ils auraient voulu le contacter. Mais sans succès. Ils ont fait les commandes pour avoir les articles en question pour les cérémonies prévues pour fin Octobre 1995. Mais, mon épouse est décédée au début du mois d'octobre de la même année. Il n'y aura pas de temps pour répondre aux commandes. Un de mes amis m'a proposé de fabriquer une partie au moyen des machines. Mais, ils m'avaient demandé de tout faire à la main et je l'avais promis. Mais, nous avons demandé l'avis du Kazakhstan et ils l'ont accepté en affirmant que les cérémonies étaient plus importantes. Et nous avons honoré les commandes faites et reçues, bien avant le commencement des cérémonies".

Auteur talentueux des livres anonymes

Le maître Hasip est d'avis que la transmission saine du savoir de génération en génération est un problème général et courant en Turquie et il a décidé d'écrire quatre livres concernant le métier de cordonnier pour assumer sa part de responsabilité en la matière. Les trois livres sont relatifs à la technique professionnelle, l'un concernant les modèles, le deuxième la fabrication et le troisième les équipements. "Ce que j'ai lu en la matière, c'est généralement des livres trouvés et rassemblés par hasard. Peut-être, je mettrai fin à cette lacune. Avec cette idée et à la suite de la demande persistante des amis, j'ai commencé à travailler à ce sujet" dit le grand Maître. Son quatrième livre comprend ses expériences relatives au métier. Les livres sont encore sans titre.

Le grand Maître a cédé, en 2001, son atelier de fabrication à son fils et depuis cette date, Il partage ses expériences et ses acquis avec les jeunes dans les groupes de 9 personnes à la Chambre des cordonniers. "Il est difficile d'enseigner et d'appendre en présence du grand nombre" affirme-t-il. et il définit comme synthèse du talent manuel, de l'esthétique, et du goût visuel, le métier de cordonnier qu'il continue à exercer depuis 63 ans.

De la bouche du grand Maître

* Les meilleurs maîtres cordonniers étaient en Turquie quand j'étais encore enfant et jeune. Malheureusement, ce n'est plus le cas de nos jours.
* Je suis allé en Italie et j'ai posé la question a mes collègues Italiens qui travaillaient là-bas: "Comment avez-vous fait pour avoir cette réussite dans le métier de cordonnier?" ils m'ont répondu de la manière suivante: "Les représentants de tous les secteurs se rapportant au métier de cordonnier, en ce qui concerne le cuir, les boucles et les coffrages se sont réunis pour discuter au sujet de la manière d'agir afin d'exercer le métier sous les meilleures formes et nous avons agi, ensuite, dans la direction ainsi fixée". Pendant qu'ils le faisaient en travaillant de cette manière, nous ne pouvions même pas importer des boucles et des agrafes, les douaniers les saisissaient avec tout ce que cela implique comme conséquences.
* Au fond, à vrai dire, l'Italie n'est plus l'ancienne Italie. Leur grand avantage est d'avoir l'équipement mécanique Et ils le renforcent avec l'appui des marques. Malheureusement, chez nous il n y a pas de sociétés enracinées de 100-150 ans comme en Europe.

* En dehors des chaussures, Je fais des porte tarses pour les motocyclistes et des bottes pour les chevaliers et je le conseille à mes jeunes collègues, Ils devraient s'orienter vers les domaines différents.
* Nous avons une bonne Image à l'étranger. Par exemple, je suis là, un de mes collègues travaille pour le film de Troie à Gaziantep, et un autre à Diyarbakýr. Ils sont âgés. Et la suite?.
* Je suis contre la mise en vente des chaussures dont le défaut de fabrication est connu. Nous avons aussi des défauts de fabrication, il nous arrive d'en avoir. Nous les vendons en informant le client à l'avance, ou bien nous les donnons aux établissements de charité comme Croissant Rouge afin d'assurer leur utilisation au profit de ceux qui en ont besoin sans en avoir des moyens nécessaires.
* Je n'ai jamais acheté de chaussures. Je les ai fait moi-même ou bien j'ai utilisé les chaussures sorties des mains de mes amis auxquels je faisais confiance.



Comment peut-on choisir de bonnes chaussures? Quel est le critère de base si l'on peut dire?

Le maître Hasip se plaint du fait que l'Importance nécessaire n'est pas accordée aux chaussures, avant de dire comment une bonne chaussure devrait être. Ensuite il ajoute ceci: "Par exemple, vous avez acheté une paire de nouvelles chaussures. A quoi pensez-vous, si elles sont trop serrées ou si elles blessent votre pied. Naturellement vous pensez à vos pieds. Et vous ne pouvez rien faire pendant toute la journée. C’est aussi simple que ça. Les chaussures sont aussi importantes que le cerveau."

Le grand maître indique que l'on n'a pas besoin d'avoir une grande spécialisation poussée pour connaitre et comprendre la qualité des chaussures en cuir. Et il affirme que les chaussures en cuir laissent une impression agréable avec sa souplesse quand on les touche de la main. Ensuite, il parle de l'importance du talon et des effets néfastes et nuisibles du cuir artificiel et il s'exprime en ces termes: "Les talons des chaussures sont très importants. Le talon zéro, c'est-à-dire le talon bas n'est pas sain et ils ne sont pas bons pour la santé. C’est ce qui est utilisé surtout dans les chaussures de sport. Il devrait y avoir au moins 1,5 cm de part de réservation pour le talon, même dans la chaussure à l'intérieur. La hauteur du talon au total devrait être de 2-2,5 cm. De même, c'est une erreur que d'avoir les chaussures avec les talons très hauts. Dans toutes sortes de chaussure, il est très important que le talon soit bien posé.

Il y aura même un effet sur les enfants à naître chez les femmes enceintes. Avant d'acheter des chaussures, il faut absolument demander si elles sont en vrai cuir et quel matériel est utilisé pour les semelles. Le cuir artificiel est nuisible notamment pour les enfants en bas age. Les pieds doivent être aérés et ce n'est pas possible avec du cuir artificiel. Vous aurez sûrement un problème avec vos pieds, si vous avez mis, pendant longtemps, des chaussures en cuir artificiel. En outre, il ne faut absolument pas acheter, ni mettre les chaussures pour lesquelles sont utilisées les semelles de cuir artificielle qui sont connues comme semelles japonaises".